L’énergie osmotique s’appuie sur un phénomène naturel qui consiste en un transfert d’eau à travers une membrane semi-perméable. C’est de cette manière que les plantes peuvent absorber de l’humidité à travers leurs feuilles – et la retenir.
Dans une centrale osmotique, l’eau douce et l’eau de mer sont conduites dans des chambres distinctes, séparées par une membrane artificielle. Les molécules de sel attirent l’eau douce à travers la membrane, faisant augmenter la pression du côté de l’eau de mer. La pression ainsi obtenue, qui correspond à une colonne d’eau de 120 m de hauteur ou à une importante chute d’eau, peut être utilisée pour générer de l’électricité au moyen d’une turbine.
Une idée née dans les années 70
Si l’idée de produire de l’électricité par cette technique remonte aux années soixante-dix, le faible coût de l’énergie et la qualité insuffisante des membranes disponibles à cette époque étaient propres à décourager tout investissement dans un tel projet. De nombreuses années plus tard, les chercheurs de la SINTEF (Fondation norvégienne pour la recherche technique et industrielle) ont exhumé le concept pour le soumettre aux instances responsables de l’innovation chez Statkraft. Cette collaboration, initiée en 1997, s’inscrivait dans un climat autrement plus favorable aux projets du domaine énergétique. Au fil des dernières années, la technique a été testée dans le cadre de petites installations d’essai, notamment dans un laboratoire de la SINTEF à Trondheim, ainsi qu’en bord de mer, à Sunndalsøra. Au cours de l’automne 2009, Statkraft a inauguré le premier prototype de centrale osmotique au monde, à Tofte, au Sud-Ouest d’Oslo. Au total, la société a déjà investi plus de 100 millions de couronnes dans le développement de cette nouvelle source d’énergie – et son intention n’est pas de s’arrêter en si bon chemin.
Une technologie au banc d’essai
Le prototype construit à Tofte doit permettre de tester cette nouvelle technologie. Le défi principal consiste à mettre au point une membrane capable d’attirer suffisamment d’eau pour que la pression qui en résulte actionne la turbine de manière exploitable. Lorsque la performance attendue sera atteinte, la technique osmotique pourra devenir une source d’énergie renouvelable compétitive. Statkraft travaille, en collaboration avec des équipes de recherche et de développement industriel norvégiennes, allemandes et néerlandaises, à l’amélioration de la technologie membranaire, dont l’efficacité a d’ores et déjà été décuplée depuis que la société s’est engagée dans le développement de l’énergie osmotique, en 1997.